tribune
« Monsieur le Maire, cela ne peut plus durer ! ». Cette phrase, combien de fois l’avons-nous entendu au contact d’une population excédée par les feux de poubelles, comme par les motos pétaradantes, par les agressions de personnes âgées, comme par les rondes des dealers, par le racket à la sortie du collège, comme par les vols à l’arraché.
Le Maire : ni Père Noël, ni Père fouettard, mais repère et pilote
La délinquance pourrit la vie de nos villes : hier elle était juvénile, aujourd’hui, elle est devenue violente et barbare. Durant des années, les Maires sont restés spectateurs, alors qu’ils réclamaient les prérogatives pour devenir acteurs. La population leur adressait ses pétitions, car sans connaître réellement ses pouvoirs, les gens connaissaient ses coordonnées, pas celles du Préfet ni du Commissaire de Police : dans les réunions de quartiers, c’est le Maire que l’on peut interpeller ! La proximité de l’efficacité, c’est à la Mairie qu’on pouvait la trouver. Durant de nombreuses années, le Maire fut cantonné à la bonhomie tricolore de la gestion municipale de l’édile notable, dont la sécurité ne figurait pas au fronton de la Mairie. En 25 ans, le climat s’est dégradé dans les cages d’escalier, le Maire est maintenant confronté à la violence exaspérante de la délinquance. Quand il rappelait la limite des compétences municipales, on lui répondait impuissance locale. Quand la population veut réagir, elle demande au Maire d’agir. Elle n’admet pas qu’il baisse les bras, elle exige qu’il se retrousse les manches. Elle n’hésite pas à lui rappeler qu’un Maire, n’est-ce pas un Premier Magistrat ?
Ce contrat d’exigence de mobilisation locale fut révélé au niveau national, lors des émeutes urbaines. « Les jeunes » bravaient les CRS, mais se calmaient devant les élus. Reçu dans un mariage, rencontré à la Mission locale, croisé au bureau d’aide sociale : le Maire connaît les parents, ce n’est pas indifférent.
En Novembre, tous les Maires avaient échangé leur écharpe contre des extincteurs : ils ont prouvé qu’ils étaient de vrais pompiers urbains, au-delà de toute étiquette politique. Sachant éteindre l’incendie avant qu’il n’embrase toute la République.
Le Premier Ministre et le Ministre de l’Intérieur les avaient reçu : ils les ont entendu, en les plaçant en pivot de la nouvelle politique de prévention, présentée dans l’avant projet de loi. Ce texte reconnaît la place de vigie du Maire, par sa connaissance des familles, des lieux de vie et des problèmes des quartiers.
« Monsieur le Maire » est un repère, quand il n’y a souvent plus de pères ! La coordination des services et des quartiers est déjà son lot commun du quotidien : il sait piloter sans imposer, gérer sans bouleverser. Son mandat est fait de proximité et d’humanité.
Placer les Maires au cœur de la prévention était réclamé et attendu. La loi PERBEN l’avait amorcé par l’information, la loi SARKOZY le propose pour une véritable coordination. Toute polémique à ce sujet est cousue de duplicité et de mauvaise foi : critiquer à Paris, sans rien proposer à Clichy, cela conduit aux drames que l’on a connu en Novembre 2005…
Les Maires sont satisfaits, ils ne veulent plus être des « pères Noëls » de l’allocation ou de la subvention, les spectateurs de la générosité sans responsabilité. Ils refusent la caricature de « pères fouettards » qu’ils n’ont jamais réclamé, et qu’on ne leur a à aucun moment reproché. La prévention des risques mineurs, c’est son action de tous les jours. Si la politique suscite la défiance, le Maire sait encore créer la confiance. Quand tout vacille, quand tout est remis en question, dans le doute et l’exaspération, le Maire, c’est ce qui reste quand on a tout contesté, tout rejeté, tout provoqué. Le Maire sait faire rimer fraternité et sécurité en restant le meilleur pilier de la République.