Eric RAOULT dans "Le Monde"

LE MONDE | 15.05.06 | 13h13 • Mis à jour le 15.05.06 | 13h13
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Le sujet - l'affaire Clearstream - continue de hanter les élus de droite. "Cela devient totalement intenable, dit le député de Paris Pierre Lellouche. C'est comme une bombe chimique : quand elle tombe au milieu, tout le monde est atteint." Même si, samedi, le staff de Nicolas Sarkozy s'est rangé à l'idée de ne pas jeter de l'huile sur le feu, le capital de confiance est tellement entamé que, selon M. Lellouche, "beaucoup d'entre nous se poseraient la question si Villepin engageait sa responsabilité".
Il faudra, malgré tout, remiser pour l'heure les couteaux au vestiaire. "Nos électeurs mettent tout le monde dans même sac, observe Eric Raoult (Seine-Saint-Denis). Personne n'en sortira gagnant. Il faut arrêter cette bataille de chiffonniers avant que les dégâts dans l'opinion soient irréversibles."
Halte au feu, donc. "Ne jouons pas aux apprentis sorciers, plaide Didier Quentin. Les gens ne sont plus très loin de l'overdose." "Le remplacement de Villepin n'apporterait rien. Alors, essayons plutôt de jouer collectif, c'est ce que nous avons de mieux à faire", implore Dominique Tian (Bouches-du-Rhône), qui espère voir l'UMP se ressouder autour du rejet de la motion de censure. Le président du groupe, Bernard Accoyer, s'exprimera à la tribune au nom de l'UMP. Il a consulté certains collaborateurs pour élaborer son discours. "Tu te contentes de dire "le silence est d'or" et tu redescends", lui a conseillé M. Méhaignerie.
Patrick Roger
Article paru dans l'édition du 16.05.06