Eric RAOULT intervient sur le projet de loi immigration
Mme la Présidente - La parole est à M. Raoult.
M. Patrick Braouezec - On va crescendo !
M. Jean-Pierre Brard - On va parler de la discrimination dans les réserves à bourgeois.
M. Eric Raoult - Monsieur Brard, vous avez beaucoup d’humour, mais respectez ceux qui ne sont pas de votre avis.
M. Jean-Yves Le Bouillonnec - Et réciproquement !
M. Eric Raoult – Lors de la manifestation du 30 avril en mémoire de la Déportation, vous avez tenu des propos tout à fait déplacés à l’égard du ministre de l’Intérieur.
M. Jean-Pierre Brard - Je les maintiens.
M. Eric Raoult - C’est regrettable.
M. Guy Geoffroy – Très bien, monsieur Raoult.
M. Eric Raoult - Ce projet sur l’immigration n’est pas craint, mais attendu par le peuple. Si les terrasses tiers-mondistes de Saint-Germain-des-Prés ne l’approuvent pas, les HLM de Clichy et les pavillons de Montfermeil le souhaitent impatiemment.
M. Jérôme Rivière - Très bien !
M. Eric Raoult - Les progressistes des beaux quartiers apprécient l’exotisme des immigrés, surtout de leurs gens de maison, mais la Seine-Saint-Denis connaît les difficultés de la promiscuité. Aussi ne faut-il pas applaudir Sarkozy dans sa ville et le siffler ici.
Ce projet majeur est en fait un rempart contre le racisme, et, dans la crise d’intégration que nous connaissons, un antidote contre de futurs 21 avril. La France veut rester fidèle à ses valeurs d’humanisme et d’accueil, mais refuse de perdre son identité.
Pour la première fois, un projet de loi conjugue immigration et intégration, et fournit les outils d’une immigration raisonnée, « choisie », seule condition d’une intégration réussie. Chacun constate les limites de notre modèle : la communauté nationale que nous représentons tend à se transformer en mosaïque où les communautés, juxtaposées, possèdent chacune leurs règles et leur territoire. L’individualisme n’est plus synonyme d’émancipation, mais d’enfermement, car l’enracinement et la reconnaissance disparaissent. C’est sur ce terreau que croissent exclusion et discriminations, rejet de l’autre et refus de la nation.
A l’origine de cette situation, dont nous sommes les témoins dans nos permanences, en Seine-Saint-Denis particulièrement, il y a le constat d’une immigration subie : celle qui revendique, qui manifeste et qui souffre. On ne peut opposer les sans-papiers, que défendrait la gauche, aux sans pitié, que soutiendrait la droite.
M. Guy Geoffroy – Très bien !
M. Eric Raoult - Le projet de loi que nous examinons nous propose enfin un équilibre. Il permet avant tout de maîtriser quantitativement l’immigration, grâce à la définition annuelle d’objectifs prévisionnels fondés sur nos capacités d’accueil. C’est le choix qu’ont fait tous les grands pays de l’OCDE : pourquoi ne le ferions-nous pas aussi ?
D’autre part, il infléchit notre politique familiale : le migrant devra prouver sa volonté d’intégration. Il devra être en mesure de pourvoir aux besoins de sa famille par son travail, et non par des allocations. Notre pays, contrairement à l’Australie ou au Canada, n’est pas une terre de peuplement. L’ensemble des conditions d’intégration doit être examiné.
Ensuite, la réussite de l’intégration – à laquelle un emploi est essentiel – passe par le choix judicieux des candidats à l’immigration. C’est l’objectif de la carte de séjour « compétences et talents »…
M. Bernard Roman - Elle vaut aussi pour les footballeurs…
M. Eric Raoult - … qui permettra de mener de front la bataille de l’intégration et celle de l’emploi. Comme tous mes compatriotes, en effet, je préfère le plombier polonais aux marabouts et autres laveurs de carreaux (Protestations sur les bancs du groupe socialiste et du groupe des députés communistes et républicains).
Plusieurs députés socialistes – Ça dérape !
M. Eric Raoult - De même, les enseignants et chercheurs pourront obtenir une autorisation de séjour dès la fin d’une première expérience professionnelle. C’est en faisant fructifier leur formation qu’ils pourront en faire profiter leur pays d’origine.
Enfin, le primat de l’intégration régira l’attribution des cartes de séjour de dix ans. Le candidat devra s’engager à respecter les règles de la République française et en maîtriser la langue. A ce titre, le contrat d’accueil et d’intégration propose un processus itératif au cours duquel l’Etat s’engage à offrir une formation linguistique et civique, et le migrant à respecter nos valeurs. La France ne veut être ni un bunker, ni un hall de gare.
Grâce à ce nouveau dispositif législatif, on ne deviendra résident que par une volonté affirmée. Il ne s’agit pas d’un texte de fermeture ou d’exclusion, comme le dit la gauche, mais d’un texte de réalité – qu’elle oublie – et de volonté – qu’elle n’a pas. C’est un texte généreux pour ceux qui aiment la France, ferme pour ceux qui souhaitent en profiter illicitement. Il renoue avec la tradition d’ouverture et d’intégration de notre nation. Il va enfin garantir une immigration maîtrisée et une intégration approuvée dans les quartiers. La Seine-Saint-Denis, ce département du monde, et ses élus vous remercient (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP)
M. le Ministre d'Etat, Nicolas SARKOZY - M.RAOULT est un homme remarquable, généreux et réélu avec constance en Seine Saint Denis. Il apportera son expérience à ce texte, car il sait aller au-delà des seuls clivages idéologiques.-